Panthéon – Rome

Le Panthéon de Rome est un édifice religieux antique situé sur la piazza della Rotonda (Rome), bâti sur l’ordre d’Agrippa au Ier siècle av. J.-C. Endommagé par plusieurs incendies, il fut entièrement reconstruit sous Hadrien (début du IIe siècle) et restauré sous Septime Sévère (début du IIIe siècle).
Texte de Wikipédia
À l’origine, le Panthéon est un temple dédié à toutes les divinités de la religion antique. Il est converti en église au VIIe siècle par le pape Boniface IV et devient la basilique de la Sainte Vierge aux Martyrs. C’est le plus grand monument de la Rome antique qui soit parvenu en l’état après presque deux millénaires, malgré le pillage de sa décoration de marbre et de bronze et les additions décoratives des architectes des XVIIe et XVIIIe siècles qui ont fragilisé sa coupole.
Les travaux de restauration réalisés à la fin du XIXe siècle et au cours du XXe siècle ont dégagé le monument de ses constructions parasites, réparé et consolidé ses structures et permis l’étude archéologique des bâtiments antiques. Le Panthéon supporte la plus grande coupole de toute l’Antiquité avec 150 pieds romains soit 43,30 m de diamètre à l’intérieur, qui reste la plus grande du monde en béton non armé.
Le Panthéon d’Agrippa
Selon les textes antiques, Le Panthéon fut construit sous Auguste, puis reconstruit par Hadrien. Le Panthéon original fut construit au début du règne d’Auguste, en 27 av. J.-C., par son ami Agrippa[N 1] qui participait ainsi à la politique d’embellissement de la Ville, encouragée par l’empereur[1]. Il édifia le Panthéon et les thermes d’Agrippa en marge de la partie urbanisée de Rome, près du Champ de Mars, région propice aux grands aménagements urbains. La date de cette construction correspond au troisième mandat de consul d’Agrippa, dont le nom est gravé sur le portique d’entrée. Sur cette inscription, on peut lire :M.AGRIPPA L.F.COS.TERTIVM FECIT ce qui signifie M(arcus) Agrippa L(ucii) f(ilius) co(n)s(ul) tertium fecit (« Marcus Agrippa, fils de Lucius, consul pour la troisième fois, le fit construire »).
Ce troisième consulat date de 27 av. J.-C.[2]. Toutefois, une date légèrement différente est parfois avancée, 25 av. J.-C.[4], à laquelle Dion Cassius dresse la liste des ouvrages achevés par Agrippa sur le Champ de Mars. Les travaux de dégagement du Panthéon en 1892-1893 permettent de recueillir des briques estampillées dans la rotonde et la coupole.
L’étude de ces marques par Georges Chedanne établit que pour sa partie visible, le Panthéon n’est pas celui d’Agrippa, mais date d’Hadrien[8],[9]. Des sondages archéologiques ponctuels sont effectués sur les côtés du pronaos d’Hadrien (l’entrée moderne) et dans la rotonde. Les relevés de ces sondages sont documentés par les dessins de l’architecte Pier Olinto Armanini et publiés par Luca Beltrami en 1898[10]. Un bâtiment antérieur à celui d’Hadrien est repéré à 2,15 mètres au-dessous du niveau du pronaos, construit en opus quadratum de gros blocs de travertin, avec des placages latéraux en marbre[11].
À l’intérieur de la rotonde, deux tranchées de 35 mètres et 32 mètres de longueur sont disposées en croix. Elles permettent de détecter à 2,15 mètres au-dessous du niveau actuel quelques fragments de dallage en marbre coloré[12]. Plus bas, à 3,15 mètres au-dessous du niveau actuel, les fouilleurs atteignent un soubassement massif en béton de tuf d’environ 1,20 mètre d’épaisseur, reposant sur le sol primitif, un banc d’argile alluvial[13].
Ce massif est interprété comme un dispositif de stabilisation et d’isolation des infiltrations d’eau. Interprétant les résultats des sondages, l’architecte Luca Beltrami propose le plan du panthéon d’Agrippa suivant : un podium de 2,45 mètres de haut construit en blocs de travertin et revêtu de plaques de marbre, supportant une cella (partie intérieure et fermée du temple) transversale, rectangulaire de 43,76 × 19,82 mètres, soit une surface plus grande que le pronaos actuel. Luca Beltrami place le pronaos (entrée du temple) vers le sud, ouvert sur un espace découvert, qui sera celui de la rotonde d’Hadrien[15]. Rodolfo Lanciani complète ce plan en supposant l’existence d’un mur ceinturant la rotonde[16]. Compte-tenu de la faible épaisseur de ce mur (61 centimètres), insuffisante pour soutenir une structure lourde, cet espace devait être découvert, constituant un temple hypèthre.


