Panthéon de Paris – Paris

Le Panthéon de Paris, situé dans le 5e arrondissement de la capitale, au sommet de la montagne Sainte-Geneviève et au cœur du Quartier latin

Texte de Wikipédia
Louis XV, parti diriger ses armées engagées sur le front de l’Est dans la guerre de Succession d’Autriche, tombe gravement malade le 4 août 1744, à Metz[8]. Son état empirant, la question de la communion et de l’extrême-onction se pose. François de Fitz-James, premier aumônier du roi, refuse de lui donner la communion tant que sa maîtresse, Madame de Châteauroux, n’a pas quitté les lieux[9]. Puis il impose au roi de demander pardon du scandale et du mauvais exemple qu’il donne[8]. Le 14 août 1744, il n’accepte de lui donner l’extrême-onction que si sa maîtresse perd le titre de surintendante de la maison de la Dauphine. Madame de Châteauroux quitte Metz tandis que la reine arrive en hâte.
Le roi fait le vœu de faire construire une église dédiée à sainte Geneviève, dans le cas où il guérirait[10]. Devant l’incapacité des médecins à le soigner, un praticien messin juif, Isaïe Cervus Ullmann, est appelé au chevet du roi[11],[12]. Bien qu’il parvienne à sauver le roi, il n’en est pas récompensé : on ne peut attribuer la guérison du roi « Très Chrétien » à un Juif, aussi c’est un médecin lorrain, Alexandre de Montcharvaux, qui récolte tous les honneurs[13]. Le souverain échappe à la mort et fait construire l’église qu’il a promise en cas de guérison ; elle deviendra le Panthéon de Paris[14].
Construit au XVIIIe siècle par décision de Louis XV en tant qu’église dédiée à sainte Geneviève, destinée à abriter les reliques de la sainte, il est transformé au début de la Révolution française (1789-1799) en monument funéraire en l’honneur des grands personnages de l’histoire contemporaine, en premier lieu pour accueillir la dépouille du comte de Mirabeau, mort en 1791 (mais qui en sera retiré quelques mois plus tard à la suite de découvertes compromettantes).
Portant sur son fronton la devise : « Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante », il abrite de nombreuses personnalités. Y sont notamment inhumés Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Victor Hugo, Louis Braille, Sadi Carnot, Émile Zola, Jean Jaurès, Félix Éboué, Jean Moulin, Jean Monnet, Pierre et Marie Curie, André Malraux, Alexandre Dumas (entré en 2002).
Il s’agit en général de personnalités civiles, les militaires étant honorés au panthéon militaire des Invalides. De nombreuses entrées ont eu lieu depuis 2015 : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Pierre Brossolette le 27 mai 2015, Simone Veil (et son époux Antoine Veil) le 1er juillet 2018[1], Maurice Genevoix le 11 novembre 2020, Joséphine Baker le 30 novembre 2021, Missak et Mélinée Manouchian le 21 février 2024. Le 23 novembre 2024, le président de la République annonce sa décision d’y faire entrer l’historien et résistant Marc Bloch. Construit dans un style néo-classique sous la direction de Jacques-Germain Soufflot (1713-1780), son architecture reprend notamment la façade du Panthéon de Rome, construit au Ier siècle avant notre ère. Il est surmontée d’un dôme inspiré du Tempietto de l’église San Pietro in Montorio, aussi à Rome.
Les différents dessins de sa construction, sa décoration, les inscriptions et les symboles qui y figurent donnent un aperçu sur la construction de la nation française. Lieu de mémoire, l’édifice comporte aussi un dispositif scientifique spectaculaire : le pendule de Foucault, suspendu au plafond du dôme et long de 67 mètres, permettant de constater le phénomène de la rotation diurne de la Terre. Le Panthéon est ouvert au public et géré par le Centre des monuments nationaux. Le nom du monument vient du Panthéon de Rome, qui date de l’Empire romain. On ne sait pas exactement quelle a été la fonction originelle de ce dernier, mais il semble avoir été un culte à la famille impériale et avoir été dédié à plusieurs dieux, ce qui lui aurait donné le nom latin Pantheon, du grec πάνθειον / pántheion, « de tous les dieux ».
Longtemps après cette époque, à partir du XVIe siècle, ce Panthéon de Rome a été réemployé comme tombeau pour les hommes illustres, il contient en particulier les restes de Raphaël et Victor-Emmanuel II. Les humanistes de cette époque devaient penser qu’un monument dédié à la vénération des dieux pouvait servir à celle des grands hommes. Il avait alors un peu la même fonction que la basilique Saint-Denis en France ou que l’abbaye de Westminster à Londres. Et donc, à l’imitation de ce monument, « Panthéon français » est choisi pendant la Révolution pour désigner l’église Sainte-Geneviève dans son nouvel emploi de mausolée. Un rapport de 1791 proposait des alternatives comme « Portique » ou « Monument des grands hommes », « Basilique nationale », « Cénotaphe », « Mausolée des grands hommes »[3]. Le nom de « Panthéon » a dû plaire parce qu’il apparaissait comme une référence aux vertus romaines antiques, très mises en valeur à l’époque, même si en fait le panthéon-mausolée est une invention italienne.
Il se trouve qu’à ce moment il y avait déjà à Paris un bâtiment nommé Panthéon, qui était un théâtre de divertissement au Louvre[4]. Il a été remplacé en 1792 par le théâtre du Vaudeville. Le nom reprenait celui d’un théâtre de Londres (en)[5], qui lui-même avait été construit en s’inspirant du Panthéon de Rome.


