Palais des Doges – Venise

Le palais des Doges ou palais Ducal est un palais vénitien de styles gothique et Renaissance situé sur la place Saint-Marc.
Texte de Wikipédia
Ce bâtiment fut la résidence officielle des doges de la république de Venise, ainsi que le lieu de représentation de ses institutions majeures.
Le palais des Doges est situé entre le Rio della Paglia, la petite place Saint-Marc (Piazzetta San Marco), la basilique Saint-Marc et les canaux de San Marco. Il borde l’entrée du Grand Canal. Visible depuis la mer Adriatique, il est situé sur le côté méridional de la place Saint-Marc.
Histoire
Un premier palais des Doges exista durant la république de Venise. Il fut détruit par un grand incendie en 976, qui détruisit également la première basilique Saint-Marc.
Le 28 décembre 1340 débutait la construction de la Sala Nuova du Grand Conseil qui ne sera achevée qu’en 1366. En 1365 le doge Marco Cornaro avait fait venir Guariento di Arpo de Padoue pour la décorer. Ce peintre avait réalisé autour du tribunal un monumental Couronnement de la Vierge au Paradis qui fut malheureusement gravement endommagé par l’incendie de 1577 et tomba dans l’oubli. On en retrouva des fragments en 1903, derrière Le Paradis du Tintoret. Ils furent alors détachés et placés dans la salle d’Armes[1].
Après l’incendie de 1577, les autorités vénitiennes décidèrent d’ouvrir un concours pour l’exécution d’une représentation du Paradis. Le programme iconographique fut élaboré par deux patriciens de Venise : Jacopo Marcello et Jacopo Contarini. Ce concours eut lieu entre 1578 et 1582. Les artistes vénitiens les plus importants tels que Le Tintoret et Palma le Jeune y participèrent. C’est Véronèse qui fut déclaré lauréat avec Francesco Bassano. Il ne réalisa pas ce projet, et un nouveau concours fut organisé à la mort de Véronèse. C’est Le Tintoret qui réalisa le travail « in situ » avec son fils[2].
Les doges de Venise y ont habité jusqu’en 1797. Ce palais fut pendant de nombreux siècles le siège de l’administration vénitienne. Les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire y étaient centralisés entre les mains du doge.
Jusqu’au XVIe siècle, le palais abritait les prisons de Venise situées sous les toits. Elles sont appelées les plombs (i piombi) car leur couverture était faite de plaques de plomb. En été, leur visite est d’ailleurs interdite à certaines heures de la journée car les visiteurs ne pourraient supporter la température qui y règne (plus de 50 °C). C’est dans cette prison que fut détenu Giacomo Casanova. Le 1er novembre 1756, il s’en évada avec l’aide de son voisin de cellule, un prêtre nommé Marino Baldi. Ce fut l’unique évasion qu’ait connu cette prison.
Puis une autre prison de 19 cellules fut construite à côté du palais (la prison des puits) ainsi appelée car elle était non plus sous les toits, mais au rez-de-chaussée et en sous-sol. Les conditions de détention n’y étaient pas meilleures car, si les prisonniers ne souffraient plus de la chaleur intense, ils étaient constamment dans l’humidité et le froid, voire dans l’eau lors des crues, avec tout ce que de telles conditions entraînent en termes d’hygiène. L’espion Béguelin, condamné pour trahison, y passa les trente-sept dernières années de sa vie. Cette nouvelle prison et le palais ne sont séparés que par le Rio della Paglia, le seul lien entre ces deux bâtiments étant le pont des Soupirs, un petit pont de pierre entièrement fermé que les prisonniers traversaient après leur jugement pour gagner leurs geôles.
Les prisons des plombs faisaient partie d’une aire cachée du palais dont personne ne connaissait l’existence. Toute une administration secrète y réglait les affaires politiques et judiciaires de la république de Venise. De nombreux hauts fonctionnaires y travaillaient et leurs activités se déroulaient souvent la nuit. On considère d’ailleurs que c’est là que le pouvoir s’exerçait réellement, qu’il s’agisse d’affaires d’espionnage, de fiscalité, de législation, de commerce ou de bonnes mœurs, tout était du ressort de ces fonctionnaires et de leur police secrète


