Palais de Buckingham – Londres

Le palais de Buckingham (en anglais : Buckingham Palace) est la résidence officielle des souverains britanniques.

Texte de Wikipédia
Situé dans la Cité de Westminster à Londres, le palais est à la fois le lieu où se produisent plusieurs événements en relation avec la famille royale, le lieu d’accueil lors de visites de nombre de chefs d’État, ainsi qu’une attraction touristique de premier plan. Il est le point de convergence du peuple britannique lors des moments de joie, de crise et de peine. Le palais de Buckingham, ou tout simplement « le Palais », désigne la source de presse émanant de bureaux royaux. Construit pour John Sheffield, duc de Buckingham et Normanby, en 1703, il est le lieu de résidence de la monarchie britannique. Il est agrandi au cours du XIXe siècle par John Nash pour le roi George IV.
Au Moyen Âge, le site du palais de Buckingham formait une partie du manoir d’Ebury (en). Il eut plusieurs occupants royaux depuis Édouard le Confesseur et a été l’objet de nombreuses spéculations à propos de son propriétaire : une faille dans le bail de Charles Ier d’Angleterre permit au terrain de revenir dans le giron royal au XVIIIe siècle. Les précurseurs du palais de Buckingham étaient des résidences privées appelées Blake House, Goring House, puis Arlington House.
D’abord connu sous le nom de Buckingham House, le bâtiment formant le cœur du palais d’aujourd’hui était alors un grand hôtel particulier construit en 1703 pour le duc de Buckingham John Sheffield et acquis par le roi George III en 1762 pour en faire sa résidence privée. Il fut agrandi au cours des 75 années suivantes, principalement par les architectes John Nash et Edward Blore, qui ajoutèrent trois ailes autour d’une cour carrée.
Le palais devint finalement la résidence officielle de la monarchie britannique lors de l’accession au trône de la reine Victoria en 1837. Les derniers ajouts structurels d’importance datent de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle : l’imposante aile est qui fait face au Mall a été ajoutée, et l’ancienne entrée officielle, Marble Arch, a été déplacée près du Speakers’ Corner à Hyde Park, où elle se trouve toujours. La façade côté est a été refaite en 1913 avec des blocs de calcaire de Portland, en arrière-plan du Victoria Memorial, créant la « façade publique » de Buckingham, avec le fameux balcon en son centre.
Les décorations intérieures du XIXe siècle, dont beaucoup sont encore visibles de nos jours, montrent l’utilisation intensive de stuc de couleurs vives, de lapis-lazuli bleus et roses, sur le conseil de Sir Charles Long. Le roi Édouard VII mena une redécoration partielle dans des tons crème et or de la Belle Époque. Beaucoup de petits salons de réception sont meublés selon un style « chinois » à la mode au début du XIXe siècle, avec des éléments provenant du Brighton Pavilion et de Carlton House, après la mort du roi George IV. Les jardins du palais sont les plus grands jardins privés de Londres, à l’origine dessinés par Capability Brown, puis refaits par William Townsend Aiton (des jardins botaniques royaux de Kew) et par John Nash. Le lac artificiel a été terminé en 1828 et son eau provient de la Serpentine, un lac d’Hyde Park.
Les appartements d’État forment le cœur du palais où l’on s’affaire et étaient régulièrement utilisés par la reine Élisabeth II et les membres de la famille royale pour les événements officiels. Le palais de Buckingham est l’un des édifices les plus connus dans le monde entier : plus de 50 000 personnes sont accueillies au palais chaque année en tant qu’invités à des banquets, déjeuners, dîners, réceptions et garden parties.
Au début du règne de Charles III, le palais sert officiellement à accueillir les banquets d’État et autres évènements publics, tandis que le roi et son épouse préfèrent résider à Clarence House. D’importants travaux de restauration du palais sont en cours, empêchant la famille royale d’y vivre, et devraient s’achever d’ici 2027[1].
Histoire
Le palais a été construit au XIVe siècle et formait une partie de l’ancien manoir d’Ebury, aussi appelé Eia ou Eye. Les sols marécageux étaient alimentés en eau par la rivière Tyburn, qui coule toujours sous la cour et l’aile sud du palais. Là où la rivière pouvait être passée à gué, à Cow Ford[2], le village d’Eye Cross s’établit. La propriété du site changea de mains un certain nombre de fois, revenant à Édouard le Confesseur et sa femme la reine Edith, puis après la conquête par les Normands à Geoffrey de Mandeville, par l’intermédiaire de Guillaume le Conquérant. De Mandeville la légua aux moines de l’abbaye de Westminster[3].
Transfert au Roi Henri VIII d’Angleterre en 1536
En 1531, le roi Henri VIII acquit l’hôpital de St. James au collège d’Eton (plus tard le palais St. James) et reçut le manoir d’Ebury de la part de l’abbaye de Westminster en 1536. Furieux d’une annulation de mariage refusée par le pontife Clément VII, le roi Henri VIII s’était en effet proclamé en 1531 « chef suprême de l’Église d’Angleterre »[4]. À la suite de ces transferts, le site de Buckingham revint dans le domaine royal pour la première fois depuis que Guillaume le Conquérant l’eut donné, presque 500 ans auparavant.
Plusieurs propriétaires louèrent le domaine, cependant la propriété foncière fut l’objet d’une grande spéculation au cours du XVIIe siècle. Le vieux village d’Eye Cross avait alors disparu depuis longtemps, ne laissant que des ruines[5]. Le roi Jacques Ier vendit une partie de la propriété foncière car il avait besoin d’argent, mais retint l’autre part afin d’y créer un jardin de mûriers d’un hectare, destiné à produire de la soie (ce jardin se trouve actuellement au coin nord-ouest du palais). Clement Walker, dans son Anarchia Anglicana (1649), parle de « new-erected sodoms and spintries at the Mulberry Garden at S. James’s »[6], suggérant qu’il ait pu devenir lieu de débauche. Finalement, la propriété foncière revint à la fin du XVIIe siècle à Sir Hugh Audley par héritage de Mary Davies[7].
Le manoir devenu palais
La reine Charlotte mourut en 1818, George III en 1820. Le roi dépensier George IV décida d’élargir Buckingham House pour l’utiliser conjointement avec le Palais Saint James tout comme son père. En 1826 alors que les travaux étaient en cours, il décida de faire du manoir un palais royal totalement aménagé. Il engagea John Nash pour réaliser les travaux. Le palais alors construit formait les trois côtés d’une cour d’honneur ouverte, l’ancien manoir de Buckingham servant de corps de logis. L’édifice fut construit en pierre de Bath, avec des détails raffinés de style néoclassique français.
C’est approximativement le palais d’aujourd’hui, sans la façade est (face au Mall) qui forme aujourd’hui un quadrilatère. À l’ancien emplacement de la façade est, entre les deux ailes adjacentes, s’élevait un arc de triomphe en marbre de Racaccione, sur le modèle de l’arc de Constantin à Rome. Cet arc, dont l’érection coûta 34 450 livres, servait d’entrée officielle. George IV voulait la couronner d’une statue équestre de lui-même, mais il mourut avant qu’elle ne fut terminée. Lorsque le parlement paya la statue (à contrecœur), les députés décidèrent de la déplacer à Hyde Park, où elle se trouve encore sous le nom de Marble Arch.
Les intérieurs du palais devaient être d’une splendeur inégalée. George IV était conseillé sur ce plan par sir Charles Long, qui recommandait l’usage intensif de stuc de couleurs vives et de lapis bleus et roses, avec des caissons en plâtre sculpté aux plafonds. George IV mourut en 1830, les suites colorées et dorées ne furent terminées que sous le règne de Guillaume IV.
À la mort de George IV, les coûts faramineux du palais encore en travaux suscitaient la polémique au Parlement et dans la presse. Guillaume IV renvoya l’architecte Nash et employa Edward Blore, qui adhérait mieux aux goûts plus sobres du nouveau roi. Architecte moins idéaliste mais plus entreprenant que Nash, Blore garda les contributions de Nash et termina le palais dans la même lignée, quoique plus massif et moins pittoresque.
Le coût final de la reconstruction de Buckingham excéda 719 000 livres (18,13 millions de francs-or). Bien que Guillaume IV et la reine Adélaïde donnassent des réceptions et reçussent la cour dans les suites royales, ils ne vécurent jamais dans le palais, préférant rester à Clarence House, le manoir plus modeste qu’ils firent construire avant leur avènement. De plus, lorsque le palais de Westminster brûla en 1834, le roi offrit le palais encore inachevé à la nation en remplacement du siège du gouvernement. L’offre fut déclinée et l’ancien palais de Westminster reconstruit.
La plupart des petits salons de réception, qui sont restés en l’état, furent meublés pendant le règne de Guillaume IV en utilisant des chinoiseries, des cheminées, des décorations et du mobilier provenant des palais de George IV, du pavillon royal à Brighton et de Carlton House.


