National Gallery – Londres

La National Gallery (en français, la Galerie nationale) fondée en 1824, est un musée situé à Londres en Angleterre et occupant le nord de Trafalgar Square depuis 1838.

Texte de Wikipédia
Elle détient un patrimoine artistique composé principalement de peintures datant de 1250 à 1900, les œuvres plus récentes étant abritées à la Tate Modern. La collection permanente de 2 300 peintures appartient à l’État britannique et son accès est gratuit. Seules les expositions temporaires sont soumises à un prix d’entrée. La Gallery est un « organisme public non ministériel » rattaché au département du Numérique, de la Culture, des Médias et du Sport britannique.
Les débuts de la National Gallery furent modestes, à la différence du musée du Louvre à Paris ou du musée du Prado à Madrid, car la collection ne fut pas fondée par la nationalisation d’œuvres d’art appartenant à la famille royale ou à des nobles, ni par l’acquisition de collections massives. L’essor de la Gallery débuta avec l’achat de seulement 38 peintures au banquier John Julius Angerstein en 1824. La Gallery fut ensuite conçue par ses premiers directeurs, en particulier Sir Charles Lock Eastlake et ses collections ont été enrichies par des donations privées pour les deux tiers des œuvres.
La National Gallery conserve quelques-uns des tableaux considérés comme les plus beaux du monde et si l’on peut y admirer quelques œuvres nationales (William Turner, John Constable, Thomas Gainsborough), l’essentiel est constitué de tableaux étrangers qui couvrent l’histoire de l’art du Moyen Âge à la fin du XIXe siècle.
La nécessité de la National Gallery
La fin du XVIIIe siècle a vu la nationalisation de nombreuses collections royales ou princières à travers l’Europe. La collection royale bavaroise (Alte Pinakothek, Munich) ouvrit au public en 1779, celle des Medici à Florence vers 1789 (galerie des Offices) et le Louvre en 1793, à partir de la collection royale française[1]. En Grande-Bretagne, ce modèle ne fut pas imité et la Royal Collection est toujours la propriété, en fiducie, de la monarchie[2].
En 1777, le gouvernement britannique eut l’opportunité d’acheter une collection d’art de classe internationale lorsque les descendants de Robert Walpole mirent sa collection en vente. Le parlementaire John Wilkes affronta le gouvernement pour le convaincre d’acheter cet « inestimable trésor » et suggéra de le placer dans « un musée… qui sera bâti dans les jardins du British Museum ». L’appel de Wilkes ne fut pas entendu et vingt ans plus tard, la collection fut intégralement rachetée par Catherine de Russie et est désormais visible au musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg[3].
Le projet d’acquérir environ cent-cinquante peintures de ce qui restait de l’énorme collection de la maison d’Orléans, originellement liquidée petit à petit par Louis-Philippe d’Orléans à partir de 1788, échoua également malgré l’intérêt conjoint du roi et du Premier ministre William Pitt, qui, en 1798, ne réussirent pas à déjouer d’interminables manœuvres financières entre l’héritier du banquier Jean-Joseph de Laborde et l’industriel Francis Egerton : cette transaction est l’une des plus importantes de l’histoire du marché de l’art[4].
Cependant, vingt-cinq œuvres appartenant à cette collection sont parvenues à la National Gallery, par d’autres biais. En 1799, le marchand d’art Noël Desenfans fit à l’État britannique une offre de rachat d’une collection prestigieuse. Celle-ci avait été originellement établie avec l’aide de son partenaire Francis Bourgeois pour le roi de Pologne Stanislas II, juste avant la dissolution du pays[1]. L’offre fut déclinée et Bourgeois fit don de cette collection à son ancienne école, à Dulwich, à sa mort en 1814, où fut fondée la Dulwich Picture Gallery. En 1803, deux autres offres de collections furent faites au gouvernement, l’une par l’Écossais William Buchanan et l’autre par le collectionneur Joseph Count Truchsess mais toutes deux furent également déclinées[1].
À la suite de la vente de la collection de Walpole, de nombreux artistes, tels que James Barry et John Flaxman émirent une nouvelle fois l’idée de l’établissement d’une galerie nationale. Pour eux, l’École anglaise de peinture ne pourrait se développer qu’en étant en relation avec les canons européens. La British Institution, fondée en 1805 par un groupe d’aristocrates érudits, essaya de changer cette situation.
Les membres prêtèrent des œuvres aux expositions qui changeaient annuellement, tandis que des ateliers et des rencontres artistiques étaient organisés tous les étés. Cependant, l’intérêt des peintures prêtées était souvent médiocre et certains artistes quittèrent la British Institution, considérant que celle-ci avait pour seule motivation de faire gonfler les prix des peintures de maîtres. L’un des fondateurs de l’Institution, George Beaumont, devait cependant jouer un rôle majeur dans la fondation de la National Gallery en lui offrant seize peintures.
En 1823, une autre collection majeure fut mise sur le marché. Celle-ci avait été réunie par John Julius Angerstein, un courtier d’assurances et mécène londonien d’origine russe ; sa collection de trente-huit œuvres comprenait des travaux de Raphaël et la série Marriage A-la-Mode de William Hogarth. Le 1er juillet 1823, George Agar-Ellis, un politicien, proposa à la Chambre des communes de se porter acquéreur de la collection, ce qui relança l’intérêt des politiques pour l’offre de Beaumont, qui s’accompagnait de deux conditions : que le gouvernement achète la collection d’Angerstein et qu’un bâtiment adapté soit fourni. Un remboursement inattendu d’une dette de guerre de la part de l’Autriche datant de 1814 fit pencher le gouvernement, qui acheta la collection d’Angerstein pour 57 000 £. La première toile à être enregistrée est La Résurrection de Lazare (1517-1519) de Sebastiano del Piombo et porte l’inscription « NG01 » ; elle provient de l’ancienne collection de la maison d’Orléans.


