Musée du Prado – Madrid

Le musée du Prado (en espagnol : Museo Nacional del Prado) à Madrid est l’une des plus grandes et des plus importantes pinacothèques du monde.
Texte de Wikipédia
Il présente principalement des peintures européennes (flamandes, espagnoles, françaises, italiennes et allemandes) du XIVe siècle au début du XIXe siècle, collectionnées par les Habsbourg et les Bourbons.
Les œuvres des peintres Diego Vélasquez, Francisco Goya, et Jérôme Bosch sont les plus célèbres et les plus nombreuses mais il y a aussi celles de El Greco, de Pierre Paul Rubens, Anton van Dyck, Raphaël, Titien, Antonio Moro, Tintoretto, Bartolomé Esteban Murillo, Francisco de Zurbarán, José de Ribera, ainsi que des tableaux de Fra Angelico, Botticelli, Andrea Mantegna, Véronèse, Le Caravage, Albrecht Dürer, Rembrandt, Nicolas Poussin, Claude Gellée, Watteau, etc.
Le musée détient aussi des collections de dessins et d’estampes (quelque 6 400 dessins et 3 000 estampes), un fonds d’un millier de sculptures (dont une importante collection de sculptures gréco-romaines) et un grand nombre d’objets décoratifs et de documents historiques. Après les travaux d’agrandissement dirigés par Rafael Moneo, il expose en permanence une collection de 1 300 œuvres dans son siège, plus 3 000 prêtées pour être exposées dans d’autres galeries et institutions officielles.
Le musée du Prado, avec le musée Thyssen-Bornemisza et le musée national centre d’art Reina Sofía à proximité, forme le triangle d’or de l’art de Madrid, qui a été inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2021. Le bâtiment qui abrite le musée du Prado est initialement conçu par José Moñino y Redondo, comte de Floridablanca et premier secrétaire d’État du roi Charles III, comme l’est le Cabinet royal d’histoire naturelle, dans le cadre d’une série d’institutions à caractère scientifique (conçues selon la nouvelle mentalité des Lumières) pour le réaménagement de la promenade appelée Salón du Prado (es). Pour ce faire, Charles III fait appel à l’un de ses architectes préférés, Juan de Villanueva, également auteur du Jardin Botanique Royal voisin et de l’Observatoire royal de Madrid (es), avec lesquels il forme un ensemble connu sous le nom de Colline des sciences[3].
Le projet architectural de l’actuelle galerie d’art est approuvé par Charles III en 1786. Il s’agit de l’aboutissement de la carrière de Villanueva et de l’un des sommets du néo-classicisme espagnol, bien que, compte tenu de la longue durée des travaux et des vicissitudes ultérieures, le résultat final s’éloigne quelque peu du projet initial. Les travaux de construction sont réalisés sous les règnes de Charles III et de Charles IV, et l’édifice est pratiquement achevé au début du XIXe siècle. Mais l’arrivée des troupes françaises en Espagne et la guerre d’indépendance retarde son ouverture ; il est alors utilisé à des fins militaires (caserne de cavalerie) et les feuilles de plomb des toits sont fondues pour fabriquer des balles ; il tombe dans un état de quasi ruine.
Grâce à l’intérêt manifesté par Ferdinand VII et, surtout, par sa seconde épouse, Marie-Isabelle de Bragance, la restauration de l’édifice commence en 1818, sur la base de nouveaux plans de Villanueva lui-même, remplacé à sa mort par son disciple Antonio López Aguado, avec des fonds fournis par le roi à partir de sa bourse personnelle ou poche secrète.
Le 19 novembre 1819, le Musée royal de peinture, nom initial de l’institution, est discrètement inauguré. C’est l’aboutissement d’un projet déjà esquissé à l’époque de Charles IV : la fondation d’un musée sur le modèle de celui du Louvre de Paris, qui exposerait les pièces choisies de la collection royale. À l’époque, il compte trois cent onze tableaux, exposés dans trois salles, tous de peintres de l’école espagnole, mais il en abrite bien d’autres.
Au fil des années, de nouvelles salles et œuvres d’art sont ouvertes au fur et à mesure de l’achèvement du bâtiment. Au départ, le musée n’est qu’une partie du patrimoine de la Couronne. Selon les décisions royales, de nombreuses œuvres proviennent des palais et des monastères royaux, mais des œuvres quittent ensuite le musée pour d’autres lieux. C’est le cas de Saint Ferdinand devant la Vierge, de Luca Giordano, qui est transféré en 1828 au palais royal du Pardo.
C’est précisément le lien de la collection avec la Couronne qui pose un sérieux problème à la mort de Ferdinand VII, en raison du partage testamentaire voulu par ce dernier entre Isabelle II et sa sœur, Louise-Fernande de Bourbon. L’exécution du testament est reportée jusqu’à la majorité d’Isabelle. Face au doute de savoir si tous les biens inclus dans les inventaires peuvent être considérés comme faisant partie du libre héritage du roi, une commission est nommée qui, en 1844, rend un rapport dans lequel, tout en reconnaissant que les dispositions testamentaires tout au long de l’histoire des monarques espagnols sont trop imprécises et variables pour permettre d’établir une tradition. Elle exprime son opposition en tout cas à un partage, car la majorité des biens appartiennent à la couronne espagnole depuis des temps très reculés. Elle propose donc comme solution :
« …Faire de V.M.[Quoi ?] sa propriété, moyennant une compensation équitable légalement convenue, tous les meubles et effets de toute nature adjugés à son auguste sœur, qui, n’étant pas applicables à son usage particulier, sont destinés au service et à l’ornement des palais de V.M. »
Rapport qui fut approuvé par la reine, en accord avec sa mère et sa sœur. Après l’exil en 1868 d’Isabelle II, le musée fait partie du patrimoine de la Nation[note 1] par la loi du 18 décembre 1869, qui abolit le patrimoine de la Couronne. Cette loi établit cependant un ensemble de biens destinés à l’usage et au service du monarque, mais n’incluant pas le musée.


