Grande mosquée de Paris – Paris

La grande mosquée de Paris[a] (GMP) est une mosquée française construite dans le style hispano-mauresque avec un minaret de 33 mètres. Elle est située dans le quartier du Jardin-des-Plantes du 5e arrondissement de Paris.

Texte de Wikipédia
L’histoire de la mosquée de Paris est liée à la colonisation. Elle est conçue à l’époque comme un geste pour commémorer la mort des soldats indigènes lors de la Première Guerre mondiale[6]. Dès 1916, un comité réuni autour du sénateur Édouard Herriot préconise une telle intention[7].
Un premier projet de mosquée à Paris « dans le quartier Beaujon en 1842, puis la relance d’intentions similaires à l’ambassade marocaine en 1878 et 1885 » sont attestés. En 1846, la Société orientale propose un projet de construction « à Paris, puis à Marseille, [d’]un cimetière, [d’]une mosquée et [d’]un collège musulmans ». Selon l’historien Michel Renard, « aux motifs philanthropiques, s’ajoutent des raisons politiques (la conquête et la pacification de l’Algérie), mais également religieuses car les musulmans sont estimés plus proches du christianisme romain que ne le sont les juifs »[8]. La réaction négative du ministère de la Justice et des Cultes, qui débat avec le ministère des Affaires étrangères[9], enterre le projet pour dix ans.
Première « mosquée » au Père-Lachaise
À la demande de l’ambassade ottomane à Paris, accueillie favorablement par Napoléon III qui souhaite remercier l’Empire ottoman pour sa participation à la guerre de Crimée[10], un arrêté préfectoral du 29 novembre 1856 délimite un carré musulman dans la 85e division du cimetière du Père-Lachaise. Un bâtiment y est édifié pour accueillir la toilette mortuaire et la prière aux défunts. Quoiqu’il ne puisse pas être qualifié de mosquée au regard de la liturgie islamique[12], ce bâtiment est souvent considéré comme la première mosquée construite à Paris et, depuis la fin de la présence sarrasine dans le sud de la France du VIIIe au Xe siècle, la seconde en métropole après l’édifice construit au XVIIIe siècle dans le « cimetière des Turcs » à Marseille (détruit pendant la Révolution).
Le carré musulman du Père-Lachaise abrite d’abord les sépultures des Ottomans morts en France, mais il est peu utilisé en raison de la faible présence musulmane en métropole, si bien qu’il est rétréci en 1883. Le bâtiment se délabre, ce qui amène le gouvernement ottoman à vouloir financer sa reconstruction et son extension[14]. En 1914, un projet architectural est proposé : un édifice plus important avec un dôme et des caractéristiques architecturales islamiques affirmées. Le projet, retardé par la Première Guerre mondiale, revient en 1923 à l’ordre du jour de la commission interministérielle des Affaires musulmanes, qui ne juge pas nécessaire d’édifier une mosquée au Père-Lachaise, la grande mosquée de Paris étant déjà en cours de construction.
Projet abandonné de 1895
Un premier projet de mosquée est envisagé sans succès en 1895 par le comité de l’Afrique française animé par Théophile Delcassé, Jules Cambon, le prince Bonaparte et le prince d’Arenberg. Un article de La Presse du 12 janvier 1896 est pourtant encore optimiste concernant ce projet de mosquée qui aurait dû être construite sur le quai d’Orsay avec le soutien financier du sultan ottoman, du vice-roi d’Égypte et du sultan du Maroc, notamment.
Paul Bourdarie justifie la construction de la mosquée de Paris dans La Revue indigène dont il est le directeur en distinguant la France de son alliée l’Angleterre qui travaillait à dominer les pays à majorité musulmane : l’intérêt français était de rester « l’amie du Turc selon le vœu de François Ier et de Soliman le Magnifique » et de garder « son rôle de puissance musulmane arabe ». La Revue indigène appelait de ses vœux l’édification d’une mosquée à Paris, espérant que les citoyens français sauraient « accorder dans leur esprit et dans leur cœur l’amour de leur patrie et le respect de l’islam »[17]. Les démarches de Paul Bourdarie finirent par trouver l’oreille du gouvernement.

