Église de la Madeleine – Paris

L’église de la Madeleine se situe sur la place de la Madeleine dans le 8e arrondissement de Paris. Elle constitue une parfaite illustration du style architectural néoclassique avec son portique octostyle.

Texte de Wikipédia
Après l’annexion du faubourg de la Ville l’Évêque à Paris, en 1722, l’ancienne église de la Madeleine qui le desservait apparaît trop exiguë. Il est donc décidé de construire une nouvelle église sur un nouveau site. L’article 6 des lettres-patentes du 21 juin 1757 permet aux prévôt des marchands et échevins « d’acquérir tous les terreins et bàtimens appartenant à des particuliers qui pourront leur être nécessaires, soit pour la formation des nouvelles rues, soit pour les constructions des bàtimens compris dans l’enceinte marquée sur le plan, tant depuis la place, jusqu’à la rue Saint Honoré, et à celle du faubourg, que par delà les dites rues, en prolongeant la rue Royale jusqu’à l’emplacement sur lequel doit être construite une nouvelle église pour la paroisse de la Madeleine, entre l’extrémité du rempart et la rue de Chevilly ».
Le projet de construction de l’église s’insère donc dans un projet urbain plus vaste. Alors qu’on arrêtait, selon le parti proposé par l’architecte Ange-Jacques Gabriel, l’aménagement de la nouvelle place Louis XV, on décide d’édifier le nouvel édifice 175 mètres plus au sud-est de l’ancien, dans l’axe transversal de la nouvelle place, à l’extrémité de la future rue Royale, sur un terrain occupé par l’hôtel de Chevilly. En 1790, l’ancienne église de la Madeleine est désaffectée. Sous Napoléon Bonaparte, la paroisse de la Madeleine de la Ville l’Évêque est transférée dans l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, avant d’être définitivement transférée dans l’église de la Madeleine actuelle à la fin des travaux de celle-ci.
Projet de Contant d’Ivry
Les plans de la nouvelle église de la Madeleine furent commandés en 1757 à Pierre Contant d’Ivry (1698-1777), architecte du duc d’Orléans. Il proposa un édifice en forme de croix latine surmonté par un petit dôme dont le projet fut approuvé formellement en 1764. La première pierre avait été posée par le roi Louis XV en personne, le 3 août 1763.
Les fondations étaient creusées et le soubassement commençait à s’élever lorsque Pierre Contant d’Ivry mourut en 1777. Étienne-Louis Boullée imagina un nouveau projet respectant les fondations déjà établies, mais Contant d’Ivry fut en définitive remplacé par un de ses élèves Guillaume-Martin Couture dit « le Jeune », qui remania complètement le parti de son prédécesseur et, en s’inspirant du projet de Jacques-Germain Soufflot pour l’église Sainte-Geneviève, proposa une église en forme de croix grecque, surmontée d’un dôme plus vaste, et précédée d’un portique péristyle d’ordre corinthien.
Lorsqu’éclata la Révolution française, les fûts des colonnes de la Madeleine s’élevaient jusqu’à la hauteur des chapiteaux, comme le montre un dessin représentant la cérémonie funèbre en l’honneur de Jacques-Guillaume Simonneau, maire d’Étampes, le 3 juin 1792. Mais la période était peu propice à la construction d’églises, et les travaux furent complètement arrêtés sur décret de l’Assemblée nationale, le 30 décembre 1791. La direction des Bâtiments loua alors les sous-sols à un marchand de vin (1794) et diverses parcelles de l’enclos à des artisans. Sous le Consulat (1799-1804), les travaux restèrent en suspens.
Hésitations révolutionnaires et projets de Vignon
De nombreux architectes avaient proposé des projets pour l’achèvement de l’édifice. Jacques-Guillaume Legrand et Jacques Molinos avaient imaginé de l’inclure dans un immense palais destiné à abriter la Convention nationale : la salle des séances aurait été logée dans le chœur tandis qu’un vaste bâtiment circulaire aurait abrité les bureaux[4]. Guy de Gisors proposa vers 1798-1799, d’y installer la Bibliothèque nationale ou l’Opéra. Un décret impérial du 21 février 1806 affecta l’ensemble immobilier à la Banque de France, au Tribunal de commerce et à la Bourse de Paris. L’architecte Pierre-Alexandre Vignon (1763-1828) fut chargé de dresser les plans du nouvel édifice, mais le projet fut abandonné sur les instances des banquiers et des commerçants, qui jugeaient l’emplacement trop éloigné du quartier des affaires. En définitive, le 2 décembre 1806, au camp de Poznań en Pologne, l’Empereur Napoléon Ier signait un décret pour l’édification d’un temple à la gloire des Armées françaises.
Selon l’exposé des motifs : « Le Monument dont l’Empereur vous appelle aujourd’hui à tracer le projet sera le plus auguste, le plus imposant de tous ceux que sa vaste imagination a conçus et que son activité prodigieuse sait faire exécuter. C’est la récompense que le vainqueur des Rois et des Peuples, le fondateur des empires, décerne à son armée victorieuse sous ses ordres et par son génie. La postérité dira : il fit des héros et sut récompenser l’héroïsme. […] À l’intérieur du monument, les noms de tous les combattants d’Ulm, d’Austerlitz et d’Iéna seront inscrits sur des tables de marbre, les noms des morts sur des tables d’or massif, les noms des départements avec le chiffre de leur contingent sur des tables d’argent. »
Un concours fut lancé auquel participèrent quatre-vingts artistes. Le projet de l’architecte Pierre-Alexandre Vignon fut retenu par l’Empereur lui-même, contre l’avis de l’Académie impériale : un temple périptère, retour à l’antiquité, inspiré de l’architecture gréco-romaine. La Madeleine est quasiment, pour ce qui est de l’aspect extérieur, une restitution de l’Olympieion à Athènes, les colonnes de la Madeleine étant légèrement plus hautes (20 contre 17,25 m, à comparer avec un édifice très proche, la Cour suprême des États-Unis).

