Chapelle Sixtine – Rome

La chapelle Sixtine (en italien, Cappella Sistina), appelée originellement chapelle de Sixte, est une des salles des palais pontificaux du Vatican et fait partie des musées du Vatican. Remplaçant la chapelle Pauline, puis le palais du Quirinal, la chapelle Sixtine est le lieu où, traditionnellement depuis le XVe siècle, les cardinaux réunis en conclave élisent le nouveau pape.
Texte de Wikipédia
L’existence d’une chapelle papale est mentionnée dès 1368, la « Capella magna » (la Cappella Maggiore en italien), destinée à accueillir les célébrations liturgiques ou cérémonielles de la cour pontificale[N 1] et à partir de 1492, les conclaves. Elle est décorée, entre autres, par Giottino, Giovanni da Milano et Fra Angelico[5].
Reconstruction
Pendant la papauté d’Avignon, la ville de Rome subit de très graves troubles civils ; plusieurs monuments chrétiens délaissés tombent en ruine. La « Capella magna » est délabrée, si bien qu’après le retour des papes à Rome en 1455, les conclaves doivent se tenir dans la chapelle Paolina[6]. Dès lors, l’un des projets les plus ambitieux des papes du XVe siècle, à commencer par Martin V, est de restaurer les monuments chrétiens les plus importants de Rome, dévastés par l’abandon, la négligence et les troubles civils[7]. Sixte IV, ancien professeur de théologie dans les grandes universités italiennes et général des franciscains, reprend cet engagement et, peu de temps après son élection (août 1471), entame un travail de récupération et de monumentalisation du tissu urbain de Rome qui culmine dans la reconstruction et la décoration de la chapelle palatine du Palais apostolique, qui prend plus tard son nom. Les travaux de rénovation de la chapelle sont commandés par le pape lors de son jubilé de 1475.
Précédée d’une antichambre – la Sala Regia -, la chapelle se situe à l’angle sud-ouest du palais. Elle comprend un souterrain, un entresol et la chapelle proprement dite. Elle est ceinte, en hauteur, d’un chemin de garde défensif.
Le projet architectural prend forme dès 1473. Il est confié à deux architectes, les noms de Baccio Pontelli et de Giovannino de’ Dolci ont été suggérés par des historiens sans toutefois en apporter la preuve[6]. Ils auraient reproduit les dimensions du temple de Salomon, soit 40,92 mètres de long sur 13,41 mètres de large et 20,69 mètres de haut[8] (on observe que 21 : 13 = 1,61, ce qui correspond au nombre d’or souvent utilisé par les architectes de jadis).
Les travaux débutent en 1477 et sont achevés vers la fin 1480. En 1477, les restes en ruine du bâtiment précédent sont démolis pour permettre d’exploiter les fondations et constituer la base des murs sains de la nouvelle chapelle. Le sol est recouvert de marbres polychromes. Un jubé grillagé en marbre, œuvre de Mino da Fiesole, sépare l’espace réservé aux clercs de celui accessible aux laïcs. Il semble que les murs médiévaux aient été conservés jusqu’à la hauteur de la première charpente, justifiant les irrégularités du plan[7] : les plus grands côtés convergent vers celui du bas, qui à son tour n’est pas parfaitement parallèle à celui de l’autel[9]. De nouvelles voûtes sont construites à la fois dans le toit et dans les salles des maîtres de cérémonie sous la chapelle[9]. La chapelle est fortifiée contre de nombreux ennemis potentiels, tels la république de Florence ou les Turcs de Mehmed II[10]. Sa structure, recouverte d’une couche de briques, est couronnée d’une voûte en berceau maçonnée remplaçant la précédente construction en bois. Un jubé — ou plus précisément une transenne — divise la chapelle en deux parties. Le sol comprend deux niveaux, dont un étage supérieur percé de douze hautes fenêtres cintrées[11]. Les conclaves s’y déroulent de nouveau à partir du XVIe siècle, les cardinaux siégeant sur des banquettes en pierre qui longent les trois côtés[6].
Les fonctions de la chapelle n’ont pas changé par rapport à celles précédentes et à celles analogues dans le Palais des Papes à Avignon, comme le siège des cérémonies les plus solennelles de l’année liturgique auxquelles assistent la cour papale. Cette nécessité exige un cadre particulièrement somptueux, qui montre sans équivoque les Maiestas papalis aux participants admis à y assister, qui sont essentiellement le collège des cardinaux, les généraux des ordres monastiques, les diplomates accrédités, les membres du plus haut rang de l’État papal, le sénateur et les conservateurs de la ville de Rome, les patriarches, évêques et princes ou personnalités éminentes en visite. À ceux-ci s’ajoutent tous ceux, nombreux, admis à assister aux célébrations au-delà de la transenne en marbre qui sépare encore l’actuelle chapelle papale de l’autel[7].
À l’été 1481, la construction devait être achevée car la décoration des fresques des murs est déjà documentée[7]. L’apparence de l’extérieur doit être grandiose, comparable uniquement aux bâtiments de l’époque impériale.
La chapelle est consacrée lors de la première messe de la fête de l’Assomption du 15 août 1483 à l’Assomption de la Vierge Marie.


