Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou – Paris

Le centre national d’art et de culture Georges-Pompidou (CNAC) — communément appelé « centre Pompidou » est un établissement pluridisciplinaire né de la volonté du président Georges Pompidou, grand amateur d’art moderne, de créer au cœur de Paris une institution culturelle originale entièrement vouée à la création.

Texte de Wikipédia
Le centre national d’art et de culture Georges-Pompidou est situé dans le quartier Saint-Merri, dans le 4e arrondissement de Paris, entre le quartier des Halles, à l’ouest, et le Marais, à l’est. Il emploie un millier de personnes (1 075,8 « équivalents temps plein » dont 1 009,8 « sous plafond d’emploi » et 66 « hors plafond d’emploi » en 2019) et a un budget en recettes de 119,7 M€, composé pour l’essentiel de 78,5 M€ de subventions de l’État et de 41,2 M€ de recettes propres, Inauguré le 31 janvier 1977, le centre Pompidou a accueilli, en 2019, 3 273 867 visiteurs[1], soit une moyenne de 10 595 visites par jour. Au sein du musée national d’Art moderne / Centre de création industrielle (Mnam / Cci), il conserve l’une des deux plus importantes collections d’art moderne et contemporain au monde, et la première d’Europe avec 113 675 œuvres[1] de six mille artistes au 1er janvier 2019. Il abrite également d’importantes galeries d’expositions temporaires, des salles de spectacles et de cinéma, et la Bibliothèque publique d’information (Bpi), première bibliothèque publique de lecture en Europe. De part et d’autre de la Piazza, deux bâtiments annexes accueillent l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) et l’atelier Brancusi.
Contexte historique
Dans l’esprit du président Georges Pompidou, l’implantation au centre de Paris d’un équipement culturel d’un type nouveau, voué à toutes les formes de la création contemporaine, se situait au carrefour de plusieurs préoccupations.
la volonté d’enrayer le déclin de Paris sur la scène artistique et de lui conserver son statut de place majeure de l’art contemporain au niveau mondial, de plus en plus contesté par New York ;
symétriquement, la volonté d’ouvrir la création française sur le monde et de favoriser, par l’interdisciplinarité, l’expression de nouvelles formes artistiques ;
la conviction que l’art le plus contemporain peut renouer avec le public le plus large à la condition que la puissance publique joue pleinement son rôle de médiateur ;
le désir de créer à Paris un grand monument représentatif de l’architecture de la seconde moitié du XXe siècle.
Cette ambition était faite, particulièrement à l’époque, pour susciter de vifs débats, qu’il s’agisse de l’opposition courante entre culture de masse et culture élitiste, de la problématique de la décentralisation culturelle — le centre serait-il un grand équipement parisien supplémentaire ou, selon la formule de Michel Guy, parviendrait-il à s’imposer comme « la centrale de la décentralisation »[3] ? — et des rapports entre pouvoir et création — nombre d’artistes redoutaient alors les tentatives de récupération ou d’instrumentalisation, comme le montra, en 1972, la polémique créée par l’exposition du Grand Palais « 60-72 : 12 ans d’art contemporain en France »[4].
La décision initiale de Georges Pompido
En 1969, Georges Pompidou, devenu président de la République, décida de construire un nouveau musée d’Art moderne et choisit le plateau Beaubourg comme le seul emplacement disponible[5] après la démolition de l’îlot insalubre no 1[6]. Mais ce terrain étant également le seul susceptible d’accueillir la grande bibliothèque publique[7], il fut décidé, en février 1970, de réunir les deux projets au sein d’un même équipement culturel. Dans la conception du président Pompidou, la bibliothèque devait attirer des visiteurs qui pourraient ensuite découvrir les autres activités proposées. « Je voudrais passionnément, expliqua-t-il, que Paris possède un centre culturel comme on a cherché à en créer aux États-Unis avec un succès jusqu’ici inégalé, qui soit à la fois un musée et un centre de création, où les arts plastiques voisineraient avec la musique, le cinéma, les livres, la recherche audiovisuelle, etc. Le musée ne peut être que d’art moderne, puisque nous avons le Louvre. La création, évidemment, serait moderne et évoluerait sans cesse. La bibliothèque attirerait des milliers de lecteurs qui du même coup seraient mis en contact avec les arts »[8].
La décision de construire « un ensemble monumental consacré à l’art contemporain sur l’emplacement du plateau Beaubourg » à Paris fut prise officiellement par le président de la République Georges Pompidou lors d’un conseil restreint tenu le 11 décembre 1969, sur la base d’un document programmatique qui avait été rédigé par Sébastien Loste, alors chargé de mission à la Présidence de la République[9]. Le Conseil de Paris donna son accord le 23 décembre.
À l’origine, le centre devait comprendre un musée d’art moderne, une bibliothèque publique et le Centre de création industrielle (Cci) créé par François Mathey, conservateur en chef du musée des Arts décoratifs. Mais, en 1971, sous l’impulsion directe de Georges Pompidou, il fut décidé d’y inclure également un centre de création musicale confié à Pierre Boulez, qui acceptait de rentrer en France, où il avait cessé toutes ses activités depuis 1966, et qui devait devenir l’Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique/musique)[10].
D’emblée, le projet fut extrêmement mal accueilli par l’administration. Il réunissait en effet un équipement relevant du ministère des Affaires culturelles (le musée), un autre relevant à l’époque du ministère de l’Éducation nationale (la bibliothèque), et un troisième (l’Ircam), qui s’affirmait comme indépendant, voire rival, de la direction de la musique, de l’art lyrique et de la danse dont le directeur nommé par André Malraux, le compositeur Marcel Landowski, était en guerre ouverte avec Pierre Boulez. Dans l’esprit de ses concepteurs[11], le centre se voulait une réponse à un certain nombre de faillites de la politique culturelle française : l’incapacité à créer un musée d’art moderne digne de ce nom, le retard de la lecture publique par rapport notamment à l’Europe du Nord, le dédain dans lequel les autorités avaient tenu la musique contemporaine. Au lendemain de mai 1968, la fondation du centre Pompidou apparaissait ainsi comme un nouveau défi lancé à l’académisme des institutions culturelles d’État.


