Cathédrale Sainte-Croix – Barcelone

La cathédrale basilique métropolitaine de la Sainte-Croix et de Sainte Eulalie de Barcelone, souvent surnommée Seu en catalan, est la cathédrale de l’archidiocèse catholique de Barcelone.
Texte de Wikipédia
La cathédrale actuelle, de style gothique, a été construite entre les XIIIe et XVe siècles sur l’ancienne cathédrale romane[1], elle-même bâtie sur une église datant de l’époque wisigothe au même endroit qu’une antérieure basilique paléochrétienne dont certains vestiges sont encore visibles dans le sous-sol, au musée d’histoire de Barcelone.
Les deux grandioses tours-clochers octogonales sont à la part postérieure de l’édifice, des deux côtés de la fausse croisée du transept. La façade principale est cependant beaucoup plus récente (XIXe siècle). La grande flèche, haute de 80 m. est couronnée d’une statue colossale de Sainte Hélène portant la Croix, dont elle, selon une tradition ancienne, avait fait l’Invention. La cathédrale est classée bien d’intérêt culturel, en tant que monument historico-artistique national, depuis 1929. L’accès est gratuit sauf en début d’après-midi où il est payant.
Histoire de la construction gothique
Les travaux de construction de la cathédrale gothique commencèrent en mai 1298, sous le règne de Jacques II d’Aragon (Jaume II el Just en catalan) et le mandat épiscopal de Bernat Pelegrí.
Chapitre de la Toison d’or de Barcelone
Lors de son premier séjour en Espagne, le futur empereur Charles Quint insista pour y tenir un chapitre de son ordre de la Toison d’or. On choisit la cathédrale de Barcelone pour des raisons de commodité : le roi devait venir dans cette ville pour recevoir l’investiture comme comte de Barcelone et la proximité de la Méditerranée assurait des communications faciles avec l’Allemagne alors que se préparait la succession de Maximilien de Habsbourg, grand-père du jeune monarque. Il fallait enfin une église aux vastes proportions pour accueillir les imposantes cérémonies de cette fête.
Dès 1518, le roi d’armes et le trésorier de l’ordre furent donc chargés de préparer le sanctuaire à la tenue du chapitre qui devait avoir lieu au début de l’année 1519. Jean Micault, le trésorier, escorta le trésor de l’ordre depuis les Pays-Bas, tandis que Thomas Isaac, le roi d’armes, devait diriger le peintre Juan de Borgonya dans la décoration du chœur de la cathédrale. Elle est toujours visible sur les dossiers des stalles des chanoines.
Outre les cinquante-et-un panneaux de bois représentant les titres et armoiries des différents chevaliers de l’ordre, Juan de Borgonya réalisa des inscriptions, et surtout une série de devises illustrant un programme très clair. On trouve en effet dans les coins du chœur deux tableaux représentant le rabot de Jean sans Peur, et de part et d’autre de l’entrée, deux tableaux à la devise de Charles-Quint : les colonnes d’Hercule. La mention de cet ancêtre du jeune roi, seul membre de la maison de Bourgogne à avoir pris part à une croisade, établissait une sorte de généalogie cherchant à montrer aux sujets espagnols du futur empereur que la nouvelle dynastie ne comptait pas rompre avec l’idéal de croisade des rois catholiques. De façon très manifeste, la titulature de Charles de Habsbourg qui accompagne ses armes dans le chœur fait mention du royaume de Jérusalem (titre sans souveraineté que le roi tenait par son royaume de Naples), alors qu’elle omet des territoires tenus effectivement.
Il s’agit d’un des ensembles monumentaux liés à l’ordre de la Toison d’or les mieux conservés, notamment car il n’a jamais été déplacé et que les devises et inscriptions sont toujours présentes. Cela tient au fait que c’est également le seul chapitre de l’ordre à s’être déroulé hors de la « couronne » de Bourgogne. Contrairement aux Pays-Bas, la péninsule Ibérique n’a connu ni l’iconoclasme calviniste (en particulier la furie iconoclaste d’août 1566) ni les destructions révolutionnaires lors de la « chasse aux armoiries » de 1793-1795, très importantes dans le Nord de la France et le Midi de la Belgique. C’est enfin un des deux seuls armoriaux capitulaires datant du XVIe siècle à avoir été conservé (avec celui de Gand). Bien qu’il n’ait pas été démonté, comme celui de Gand, deux tableaux ont été retirés lors de l’installation du doxal de marbre destiné à clore le chœur côté nef ; il a été également en partie défiguré par l’ajout de chinoiseries lors d’une restauration peu rigoureuse au XVIIIe siècle.


