Basilique Sainte-Marie-Majeure – Rome

La basilique Sainte-Marie-Majeure (italien : Basilica di Santa Maria Maggiore, est l’une des quatre basiliques majeures de Rome, située sur la Piazza dell’Esquilino au sommet de la colline de l’Esquilin, au sommet du Cispio, entre le Monti et l’Esquilino. Elle est la seule basilique de Rome à avoir conservé sa structure paléochrétienne primitive, bien qu’enrichie par des ajouts ultérieurs. C’est le plus grand monument et la plus ancienne église romaine consacrée à la Vierge Marie.
Texte de Wikipédia
La basilique abrite l’icône vénérée de la Salus populi romani, représentant la Vierge Marie comme protectrice du peuple romain, qui a reçu un couronnement canonique du pape Grégoire XVI le 15 août 1838 accompagné de la bulle pontificale Cælestis Regina. Le Saint-Siège est propriétaire de la basilique, qui constitue une zone extraterritoriale conformément aux accords du Latran de 1929. L’archiprêtre de la basilique est le cardinal Stanisław Ryłko, tandis que le chanoine honoraire est de droit le roi d’Espagne.
Statut légal
Le Saint-Siège est pleinement propriétaire de la basilique, et l’Italie est légalement obligée d’en reconnaître la pleine propriété. Le bâtiment de la Basilique, y compris les escaliers extérieurs, jouit sur la base d’accords entre l’État italien et le Saint-Siège, du privilège d’extraterritorialité et de l’exemption d’expropriations et d’impôts, tel qu’établi par les Accords du Latran et formalisé dans l’accord de la Villa Madame.
Légende et origines
La basilique est parfois appelée Notre-Dame des Neiges, nom qui lui est donné dans le Missel romain de 1568 à 1969 en lien avec la fête liturgique de l’anniversaire de sa consécration le 5 août, fête qui était alors dénommée Dedicatio Sanctae Mariae ad Nives (Dédicace de Sainte Marie des Neiges). Ce nom de la basilique est devenu populaire au XIVe siècle[5] du fait d’une légende qui raconte que la nuit du 4 au 5 août 356, la Vierge apparut en rêve au pape Libère, ainsi qu’à un riche romain nommé Jean. Elle demanda d’ériger un sanctuaire à un lieu déterminé. Au matin, constatant qu’il avait neigé en plein mois d’août, à l’endroit que la Vierge leur avait indiqué, le pape ordonna de construire la basilique Liberiana de Santa Maria ad Nives (« Sainte-Marie-aux-Neiges ») sur la surface enneigée en haut de la colline Esquilin[6].
La légende n’est signalée pour la première fois qu’après l’an 1000[7]. Cela peut être sous-entendu dans ce que le Liber Pontificalis, du début du XIIIe siècle, qui précise que Libère « fecit basilicam nomini sue iuxta Macellum Liviae » (« Il fit construire la basilique de son propre nom (c’est-à-dire la basilique libérienne) près du Macellum Liviae »)[8]. Sa prévalence au XVe siècle est illustrée par la peinture du Miracle de la neige de Masolino da Panicale[9]. Ce triptyque peint vers 1423 a été commandé pour la basilique par un membre de la Famille Colonna ; il est maintenant au Musée de Capodimonte à Naples. Le miracle est représenté avec pour témoin une foule d’hommes et de femmes, avec Jésus et la Vierge Marie observant d’en haut[10].
La fête s’appelait à l’origine Dedicatio Sanctae Mariae (Dédicace de Sainte Marie)[11] et n’a été célébrée qu’à Rome jusqu’à ce qu’elle soit insérée pour la première fois dans le calendrier romain général (liturgie), avec ad Nives ajouté à son nom, en 1568[5]. Une congrégation nommée par le pape Benoît XIV en 1741 a proposé que la lecture de la légende soit rayée de l’Office et que la fête reçoive son nom d’origine[11]. Aucune suite n’a été donnée à la proposition jusqu’en 1969, lorsque la lecture de la légende a été supprimée et la fête appelée In dedicatione Basilicae S. Mariae (dédicace de la Basilique de Sainte Marie). La légende est encore commémorée le 5 août de chaque année : en mémoire de Notre-Dame des Neiges, a lieu la reconstitution du soi-disant « miracle de la neige » ; lors de la célébration de la messe du matin et des Vêpres du soir, il descend du centre du plafond jusqu’aux caissons de la crypte de la crèche, une cascade de pétales blancs.
Le premier bâtiment édifié sur le site est la basilique libérienne ou Santa Maria Liberiana, d’après le pape Libère. Ce nom peut provenir de la même légende, qui raconte que, comme Jean et sa femme, le pape, informé dans un rêve de la prochaine chute de neige de l’été, est allé en procession à l’endroit où elle s’est produite et y a délimité la zone sur laquelle le l’église devait être construite[12]. Liberiana figure toujours dans certaines versions du nom officiel de la basilique, et l’appellation « Basilique libérienne » peut être utilisée comme nom contemporain et historique[13].
D’autre part, le nom de « Basilique libérienne » peut être indépendant de la légende, puisque, selon Pius Parsch, le pape Libère a transformé un palais de la famille Sicinini en une église, qui s’appelait pour cette raison basilique Sicinini. Ce bâtiment a ensuite été remplacé sous Sixte III (432-440) par la structure actuelle dédiée à Marie[12]. Cependant, certaines sources affirment que l’adaptation en église d’un édifice préexistant à l’emplacement de la basilique actuelle a été réalisée dans les années 420 sous Célestin Ier, le prédécesseur immédiat de Sixte III[14].
Bien avant les premières traces de l’histoire de la neige miraculeuse, l’église maintenant connue sous le nom de Sainte Marie Majeure, s’appelait Sainte Marie de la Crèche (Sancta Maria ad Praesepe)[15], un nom qui lui a été donné en raison de sa relique de la crèche ou crèche de la Nativité de Jésus-Christ, quatre planches de bois de sycomore apportées à l’église, ainsi qu’une cinquième, à l’époque du pape Théodore Ier (640-649)[16],[17]. Ce nom apparaît dans les éditions tridentines du Missel romain comme le lieu de la messe du pape (messe de la station) la nuit de Noël[18], tandis que le nom « Marie Majeure » apparaît pour l’église de la messe de la station le jour de Noël[19].
Le retable de Sassetta, Vierge et l’Enfant en majesté, avec quatre anges, saint Jean Baptiste, saint Pierre, saint François et saint Paul dite, La Madone des neiges, v. 1432, exécuté pour la chapelle San Boniface de la Cathédrale de Sienne, et conservé dans la Galerie Palatine de Florence, représente dans sa prédelle la fondation de la Basilique au lendemain de cette chute de neige.
Statut de basilique majeure papale
Aucune église catholique ne peut être honorée du titre de basilique, à moins d’une subvention apostolique ou d’une coutume immémoriale[21]. Sainte-Marie-Majeure est l’une des quatre seules à détenir le titre de basilique majeure ; les trois autres sont la basilique Saint-Jean-de-Latran, la basilique Saint-Pierre et la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs[22]. Le titre de basilique majeure était autrefois utilisé plus largement, étant attaché, par exemple, à la basilique Sainte-Marie-des-Anges d’Assise[23]. Avec toutes les autres basiliques majeures, Sainte-Marie-Majeure est également appelée basilique papale. Avant 2006, les quatre basiliques majeures papales, ainsi que la basilique Saint-Laurent-hors-les-Murs, étaient appelées basiliques patriarcales de Rome et étaient associées aux cinq anciens patriarcats (voir Pentarchie). Sainte Marie Majeure était associée au Patriarcat d’Antioche[24]. Lorsque le Pape Benoît XVI a abandonné le titre de « Patriarche de l’Occident », le titre de Sainte Marie Majeure est passé du titre de basilique patriarcale au titre de basilique pontificale[25].
Les cinq basiliques papales ainsi que la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem et la basilique Saint-Sébastien-hors-les-Murs forment les sept églises traditionnelles du pèlerinage de Rome (le Tour des sept églises), visitées par les pèlerins lors de leur pèlerinage à Rome, selon l’itinéraire établi par saint Philippe Néri le 25 février 1552


