Avenue des Champs-Élysées – Paris

L’avenue des Champs-Élysées (souvent abrégé les Champs-Élysées, parfois les Champs) est une voie de Paris. Longue de près de deux kilomètres et suivant l’axe historique de la ville, elle est une voie de circulation centrale reliant la place de la Concorde à la place Charles-de-Gaulle dans le 8e arrondissement.

Texte de Wikipédia
À l’origine, les Champs-Élysées ne sont que des terrains marécageux et inhabités. Marie de Médicis décide d’y faire aménager au-delà du palais des Tuileries, le long de la Seine, une longue allée bordée d’ormes et de tilleuls. Le cours la Reine, s’inspirant de la promenade florentine des Cascine, est ouvert en 1616. Les conquêtes du début du règne de Louis XIV ayant repoussé les frontières du royaume, le roi, se souvenant de la résistance de la Ville lors de la Fronde et voulant embellir et étendre la capitale, adopte la proposition de Colbert de raser ses fortifications et de percer de grandes avenues. Par un décret du 24 août 1667[8], le roi décide l’ouverture d’un chemin pour faciliter le passage des voitures de ses courtisans se rendant au domaine royal de Saint-Germain-en-Laye et au château de Versailles en construction. Le roi charge André Le Nôtre, le paysagiste du château de Versailles et, à Paris, du jardin des Tuileries, d’aménager à travers les bois et les marais qui longent la Seine cette « avenue des Tuileries » (qui sera appelée successivement, Grand Cours, avenue de Neuilly ou route de Saint-Germain) en axe royal. Cet axe depuis le palais des Tuileries, résidence du roi, doit offrir une perspective aussi grandiose que celle qui s’étend devant le château de Versailles, ce dernier symbolisant l’éloignement du gouvernement et la cour de Paris[. André Le Nôtre trace dans l’axe du pavillon central du palais des Tuileries, depuis l’actuelle place de la Concorde jusqu’à l’actuel rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault, en direction de la montagne du Roule — qui se situait à l’emplacement de l’actuelle place de l’Étoile — une belle avenue bordée de terrains où sont aménagés des allées d’ormes et des tapis de gazon. On l’appelle le « Grand-Cours » pour le distinguer du cours la Reine, ou encore la « grande allée du Roule », l’« avenue de la Grille Royale » (1678), l’« avenue du Palais des Tuileries » (1680) et les « Champs-Élysées », nom qui apparaît en 1694 mais qui n’est définitivement fixé qu’en 1709 comme l’attestent les comptes royaux[10]. Ce nom est choisi en référence à la mythologie grecque, peut-être en opposition à la partie basse, marécageuse et malsaine, lieu de prostitution.
Au XVIIIe siècle
La nouvelle avenue se développe au-delà de l’enceinte de Louis XIII et franchit (au niveau de l’actuelle rue Marbeuf) le Grand Égout, qui suivait le tracé d’un petit ruisseau descendant de Ménilmontant pour se jeter dans la Seine au niveau de l’actuel pont de l’Alma. Ce n’est qu’en 1710 que le duc d’Antin, surintendant des Bâtiments du Roi, fait jeter un pont de pierre au-dessus de cet égout. Ce pont permet de prolonger l’avenue jusqu’à ce que l’on appelait alors l’« étoile de Chaillot » — correspondant à l’ensemble du tracé actuel. Cette entreprise est achevée en 1724[11].
En 1722, le roi avait annexé le village du Roule aux faubourgs de Paris. En 1765, il permet la construction de bâtiments de part et d’autre de l’avenue des Champs-Élysées. En 1770, le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du Roi, Arts, Jardins et Manufactures, fait entreprendre le nivellement de la montagne du Roule, renouvelle les plantations et fait tracer les actuelles avenues de Marigny et Matignon ainsi que l’allée des Veuves (actuelle avenue Montaigne). En 1774, il fait élargir l’avenue et la fait prolonger à l’ouest jusqu’à la Seine, au niveau du pont de Neuilly, par les actuelles avenues de la Grande-Armée à Paris et Charles-de-Gaulle à Neuilly-sur-Seine. On parle alors d’« avenue de la Grille royale » jusqu’à la barrière de Chaillot et d’« avenue de Neuilly » au-delà de celle-ci.
Malgré ces travaux, les Champs-Élysées ont longtemps mauvaise réputation. C’est un lieu de médiocres guinguettes qui attirent de mauvais garçons, des prostituées et même des brigands. Quelques baraques de foire y sont installées[12]. Un luxueux parc de loisirs ou vauxhall, le Colisée, est inauguré en 1771 au niveau du rond-point des Champs-Élysées, mais il ne tarde pas à péricliter car le public hésite à se rendre le soir dans ce qui est encore une partie de Paris excentrée et surtout mal famée, et l’établissement fait faillite dès 1780. Les promeneurs préfèrent diriger leurs pas le long du cours la Reine, qui suit le tracé de la Seine et où l’on peut jouer aux quilles, à la paume ou aux barres. Au bout du cours la Reine se trouve d’ailleurs un établissement populaire, quoique de mauvaise réputation, le Petit Moulin-Rouge, bâti sur des terrains appartenant à madame du Barry[13]. Pour améliorer la sécurité des Champs-Élysées, un poste de Gardes Suisses contigu à la barrière de Chaillot[14] est établi en 1777.
La popularité des Champs-Élysées, qui prennent alors leur dénomination définitive d’« avenue des Champs-Élysées » (1789), ne décolle véritablement que sous la Révolution française. C’est par les Champs-Élysées que passe le cortège de mégères qui, le 5 octobre 1789, sous la conduite de Théroigne de Méricourt et de Reine

