Abbaye de Montserrat – Espagne

L’abbaye Santa Maria de Montserrat est une abbaye bénédictine autonome située sur le massif montagneux de Montserrat en Catalogne à 60 KM de Barcelone
Texte de Wikipédia
L’abbaye Santa Maria de Montserrat est une abbaye bénédictine autonome située sur le massif montagneux de Montserrat en Catalogne (Espagne). L’abbaye fait partie de la province espagnole de la congrégation de Subiaco Mont-Cassin, au sein de la confédération bénédictine. Ce lieu de pèlerinage s’impose dès le Moyen Âge comme le premier sanctuaire marial de Catalogne.
La légende fait remonter la fondation de l’abbaye en l’an 880[1] : un samedi après-midi à la tombée de la nuit, des pâtres virent descendre du ciel une puissante lumière accompagnée d’une belle mélodie. Le samedi suivant, la vision se répéta. Les quatre samedis suivants le recteur d’Olesa les accompagna et put constater la vision miraculeuse. Selon la légende racontée dans le Virolai de Montserrat, chant de louange à la Vierge de Montserrat, des anges découpèrent le massif de Montserrat avec une scie en or[2] (d’où l’étymologie populaire de Montserrat, « Mont-scié » car la silhouette dentée du massif évoque la lame dentée d’une scie) pour abriter la statue de la Vierge et l’abbaye. Cette légende est à l’origine du symbole héraldique de Montserrat : une scie, tantôt tenue par des anges et tantôt seule, mais toujours au-dessus d’un dessin de rochers stylisés
Après avoir pris connaissance de l’événement, l’évêque qui se trouvait à Manresa organisa une montée au Montserrat pendant laquelle fut découverte une grotte où se trouvait une image de la Sainte Vierge. L’évêque proposa alors de la transférer à Manrèse, mais dès qu’ils essayèrent de la mouvoir, elle se fit tant pesante qu’il ne purent la faire bouger. L’homme d’Église interpréta ce fait comme la volonté de la Sainte Vierge de rester en ce lieu et décida de faire construire une chapelle sur le site.
Depuis cette légende dont le récit le plus ancien est un texte daté de 1239[4], Montserrat est considéré comme un haut lieu du catholicisme tant espagnol que catalan (elle est la patronne de la Catalogne), puisqu’elle est ainsi fêtée le 27 avril. En dehors du monastère et de la Sainte Grotte, le massif compte un bon nombre de petites églises et d’ermitages abandonnés.
La sainte Vierge, appelée familièrement la Moreneta (la noiraude) pour sa couleur sombre, a été taillée en bois à la fin du XIIe siècle; il s’agit d’une Vierge noire comme il y en a en quelques endroits d’Europe.
Histoire
La première mention de Monserrat date de 888. Au IXe siècle, on y retrouvait quatre chapelles, Sainte-Marie, Saint-Iscle (la seule qui subsiste aujourd’hui), Saint-Pierre et Saint-Martin. C’est en 945 que la fondation du monastère Sainte Cécile est attestée. Quant à lui, le monastère de Monserrat est fondé par Abat Oliba, évêque de Vic, en 1025
Au XIIe siècle, une nouvelle église romane est construite. C’est également à cette époque qu’est fabriquée la Vierge noire, installée dans la basilique. Les pèlerinages deviennent de plus en plus nombreux. La confrérie de la Vierge de Monserrat est fondée en 1223 grâce à l’épouse de Pierre II d’Aragon. Elle a pour fonction de prier pour que les âmes des confrères morts accèdent à la patrie céleste[6].
En 1476, on construit un cloître gothique. La réputation de Monserrat commence à se répandre. Ignace de Loyola y vient même en pèlerinage.
En 1627 le peintre Juan Andres Ricci y entre dans l’ordre bénédictin, grâce auquel il étudiera la théologie en Irache et le droit à Salamanque.
En 1636, des bénédictins du monastère de Montserrat, s’installent au cloître d’Emmaüs dans la Nouvelle Ville de Prague et y restent jusqu’en 1880 quand ils sont remplacés par ceux de l’abbaye Saint-Martin, expulsés de leur base à Beuron.
L’abbaye est détruite par les troupes napoléoniennes en 1811. Les bâtiments actuels datent du XIXe siècle, initiés par l’abbé Muntadas et rénovés par Josep Puig i Cadafalch. La nouvelle façade de la basilique est inaugurée en 1901.
Durant la Guerre civile espagnole, les moines doivent quitter le monastère. Vingt-trois trouveront la mort durant la guerre. Le monastère de Monserrat est épargné de justesse du pillage et de la destruction. Les moines y retournent en 1939.
En 1947, sous l’impulsion de l’abbé Aureli Maria Escarré et la Commission Abat Oliva, les fêtes d’intronisation de la vierge de Montserrat donnent lieu à des actes publics de réaffirmation nationale de la Catalogne et de réconciliation entre franquistes et républicains. Cependant, l’abbé Escarré maintient d’excellentes relations avec les autorités espagnoles et cultive son amitié personnelle avec le dictateur et son épouse, jusqu’au point de les tutoyer. Mais, à la fin des années 1950, l’abbé fait éditer par l’Abbaye de Montserrat de nombreuses revues culturelles, littéraires et théologiques en catalan, une langue interdite par le franquisme (Germinàbit, Serra d’Or, Qüestions de Vida Cristiana et Studia Monastica).


