Place de la Bastille – Paris

La place de la Bastille est une place de Paris, lieu symbolique de la Révolution française, où l’ancienne forteresse de la Bastille fut détruite entre le 14 juillet 1789 et le 14 juillet 1790.

Texte de Wikipédia
Le prévôt des marchands de Paris, Étienne Marcel, fit construire une porte fortifiée qui défendait la rue Saint-Antoine et qui était flanquée d’un petit bastion, une « bastille ». Charles V, voulant préserver son hôtel de Saint-Paul d’une attaque subite, ordonna de reconstruire ces fortifications sur un plan beaucoup plus vaste[1]. Hugues Aubriot, prévôt des marchands de Paris, en posa la première pierre en 1370.
Cette forteresse n’avait à l’origine que deux tours ; on en ajouta rapidement deux autres puis vers 1383, Charles VI en fit bâtir quatre nouvelles, les réunit par de gros murs et les entoura d’un fossé. Sous Henri II, en 1553, on éleva de nouvelles fortifications qui furent achevées en 1559. Ces travaux consistaient en une courtine flanquée de bastions, bordée de larges fossés à fond de cuve[2].
Les contours des murailles orientales de la forteresse sont marqués aujourd’hui par un pavage spécial visible sur la partie ouest de la place. En mai 1418, Charles VII, alors dauphin de France, est contraint de quitter précipitamment sa résidence, l’hôtel Saint-Pol, et fuit Paris en passant par la Bastille en raison des massacres perpétrés par les Bourguignons, avec à leur tête, le bourreau Capeluche. En août de la même année, les Bourguignons assiégèrent la Bastille Saint-Antoine pour s’emparer des Armagnacs qui s’y étaient réfugiés, les portes furent brisées[3]. Quand on voulut transférer les prisonniers au Grand-Châtelet, l’escorte fut attaquée et le peuple massacra les Armagnacs.
Cette bastille, qui avait été construite pour mettre la capitale à l’abri des attaques des Bourguignons et des Anglais, servit de prison sous Louis XI. Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, connétable de France fut mis à la Bastille le 27 novembre 1475 et fut décapité en place de Grève le 19 décembre de la même année. Transformée en prison d’État par Richelieu, la Bastille est prise d’assaut le 14 juillet 1789 par la population du faubourg Saint-Antoine, ce qui est considéré habituellement comme le premier acte de la Révolution française. De cet épisode majeur de l’histoire de France date le caractère symbolique de cette place, lieu de nombreuses manifestations politiques.
Le 14 août suivant, alors que la démolition avait commencé, les ouvriers trouvèrent dans la tour de la Comté, cinq boulets incrustés dans la pierre. On suppose qu’ils avaient été lancés en cet endroit lors de la bataille du faubourg Saint-Antoine en 1652. Une partie des matériaux qu’on tira de la démolition servit à construire le pont Louis XVI. Dès 1784, les urbanistes du roi avaient proposé la démolition de la forteresse, dont l’entretien en tant que prison était trop coûteux, et l’aménagement d’une vaste place dédiée à Louis XVI.
Après la Révolution, la loi du 27 juin 1792 prescrivit à son tour la formation d’une place sur le terrain de la Bastille. Conformément à un arrêté du gouvernement de la République du 11 frimaire an XII (3 décembre 1803), le plan adopté comprenait les dispositions suivantes[1] :« Art 1 – Une grande place circulaire, au milieu de laquelle sera construit un bassin de même forme, orné à son pourtour d’une double rangée d’arbres ;Art 2 – l’entrée de la rue du Faubourg-Saint-Antoine sera reportée de l’ouest au sud-ouest de sa position actuelle, afin de rectifier le contour qu’elle forme à son ouverture, et de la faire arriver symétriquement sur la place en face de la rue Saint-Antoine, avec laquelle elle ne formera plus qu’une seule rue ;Art 4 – Le canal destiné à la réception des eaux de l’Ourcq sera établi dans le fossé de l’Arsenal, de manière à communiquer du côté du sud avec la Seine, et du côté du nord avec le bassin circulaire ; deux rangées d’arbres orneront chacune des deux rives de ce canal. Par ces dispositions, la grande place circulaire deviendra le point de réunion des boulevards intérieurs de Paris, celui du canal et des deux allées qui en borderont les rives, ainsi que de plusieurs rues combinées, de manière à former sur cette place des façades circulaires et symétriques de même grandeur, etc. »

