Colisé de Rome – Rome

Le Colisée (Colosseo en italien), à l’origine amphithéâtre Flavien (amphitheatrum Flavium en latin), est un immense amphithéâtre ovoïde situé dans le centre de la ville de Rome, entre l’Esquilin et le Cælius, le plus grand jamais construit dans l’Empire romain.
Texte de Wikipédia
Témoignage monumental de la propagande flavienne, sa construction, juste à l’est du Forum Romain, a commencé entre 70 et 72 apr. J.-C., sous l’empereur Vespasien, et s’est achevée en 80 sous Titus. D’autres modifications ont ensuite été apportées au cours du règne de Domitien (81-96)[2]. Le nom d’amphithéâtre Flavien dérive du nom de famille (gens Flavii) de l’empereur Vespasien et ses fils Titus et Domitien.
Pouvant accueillir probablement 50 000 spectateurs (les estimations plus anciennes de 80 000 spectateurs, soit un douzième de la population romaine, étant exagérées)[3], le Colisée, témoin de l’évergétisme impérial, a été utilisé pour les venationes (combats d’animaux sauvages), les munera (combats de gladiateurs) et autres spectacles publics, tels que des exécutions de condamnés à mort, des reconstitutions de batailles célèbres et des drames basés sur la mythologie romaine. Il est resté en service pendant près de 500 ans, les derniers jeux se prolongeant jusqu’au VIe siècle.
Pour l’inauguration du Colisée, en 80 apr. J.-C., Titus donne une naumachie dans le Colisée transformé en bassin reconstituant la bataille navale de Corinthe contre Corcyre. Le bâtiment a finalement cessé d’être utilisé au cours du haut Moyen Âge. Il a plus tard été réutilisé pour des usages variés tels que des habitations, des ateliers d’artisans, le siège d’un ordre religieux, une forteresse, une carrière et un sanctuaire catholique chrétien.
Le Colisée est actuellement en état de ruine, en raison des dommages causés par les tremblements de terre (443, 508, 801, 847 et 1349) et la récupération des pierres, mais il continue à donner la mesure de l’ancienne puissance de la Rome Impériale. Aujourd’hui, il est l’un des symboles de la Rome moderne, une de ses attractions touristiques les plus populaires avec 7,6 millions de visiteurs, et a encore des liens étroits avec l’Église catholique romaine : chaque Vendredi saint, le pape mène une procession aux flambeaux sur un chemin de croix aboutissant à l’amphithéâtre. Le Colisée est représenté sur la pièce de monnaie italienne de 5 centimes d’euro.
Antiquité
Après le grand incendie de Rome en 64 apr. J.-C, Néron se fit construire un somptueux palais. S’étant saisi de terrains au fond d’une vallée basse au fond de laquelle courait un ruisseau canalisé, entre le Cælius, l’Esquilin et le Palatin, il fit édifier la magnifique Domus aurea. Devant des pavillons, jardins, et portiques, il créa un lac artificiel qui constituait la partie centrale du complexe palatial et fit placer le Colosse de Néron non loin de l’entrée du domaine. L’aqueduc préexistant de l’Aqua Claudia fut prolongé pour l’approvisionnement en eau de cette zone[13],[14].
À sa mort en 68, Néron fit l’objet d’une damnatio memoriae. La zone fut transformée par Vespasien et ses successeurs qui, par un geste de propagande antinéronienne, voulaient rendre aux plaisirs du peuple romain une partie de l’espace urbain que Néron avait confisqué pour sa propre jouissance, dans le cadre de l’évergétisme impérial[15].
La statue colossale fut conservée, mais on démolit une grande partie de la Domus aurea dont les vestiges servirent de fondations aux thermes de Trajan. Le lac d’agrément fut comblé et le terrain réutilisé pour la construction du nouvel Amphithéâtre Flavien qui était destiné à remplacer l’amphithéâtre de Statilius Taurus ravagé lors du grand incendie de Rome[16]. La construction du Colisée commença autour de 70-72 (le début et la durée des travaux de construction restent incertains, mais selon la plupart des historiens, ils durèrent environ dix ans, avec deux années supplémentaires pour la finition[17]) sous le règne de l’empereur Vespasien dont la décision peut être vue comme un geste populiste de retour au domaine public d’un quartier annexé par Néron pour son propre usage[18].
Selon l’inscription portée sur un bloc de marbre trouvé sur le site, telle que reconstituée par l’épigraphiste Géza Alfödy, « l’empereur Vespasien a ordonné que l’on édifie ce nouvel amphithéâtre sur sa propre part de butin [19] ». Compte tenu des montants en cause, il ne peut s’agir que des trésors saisis par les Romains à la suite de leur victoire dans la première guerre judéo-romaine de 70, notamment lors du sac de Jérusalem et du pillage de son temple[20],[21].
Il est peu probable que les 30 000 prisonniers juifs emmenés à Rome à la suite de cette campagne militaire aient été employés à la construction du monument, bien que certains, réduits en esclavage, aient pu être affectés aux travaux les moins qualifiés (ouvriers posant le béton plutôt que maçons spécialisés dans le travail du travertin)[22].
Le Colisée peut donc être interprété comme un grand monument triomphal construit dans la tradition romaine de célébration des grandes victoires, ce qui expliquerait la présence d’un arc de triomphe ornant l’entrée principale du Colisée et l’ajout par Domitien de boucliers de bronze sur l’attique[13].
Contrairement à beaucoup d’autres amphithéâtres situés à la périphérie des villes, le Colisée fut construit littéralement et symboliquement au cœur de Rome. Des écoles de gladiateurs et d’autres bâtiments annexes furent construits à proximité. À la mort de Vespasien, en 79, le troisième étage du Colisée était achevé. Le dernier niveau fut inauguré par son fils Titus, en 80. Dion Cassius rapporte que 9 000 bêtes sauvages furent tuées lors des jeux inauguraux. Le bâtiment fut ensuite rénové par Domitien, fils cadet de Vespasien, empereur nouvellement désigné, qui ajouta l’hypogée, réseau de souterrains utilisés pour abriter les animaux et les gladiateurs. Il adjoignit également une galerie tout au sommet du Colisée, destinée à accroître encore le nombre de places.
Sous le règne de Trajan, en 107, 11 000 animaux et 10 000 hommes auraient été impliqués durant 123 jours de fête. Côté technique, 2 000 marins étaient employés pour manœuvrer au-dessus du Colisée l’immense velarium qui donnait de l’ombre aux 55 000 spectateurs. Ceux-ci pouvaient alors admirer à la belle saison, et environ six fois par an, le combat des gladiateurs dont l’âge dépassait rarement 22 ans.
En 217, le Colisée fut gravement endommagé par un incendie majeur (causé par la foudre, selon Dion Cassius[23]) qui détruisit les étages supérieurs des gradins construits en bois. Il ne fut entièrement réparé que vers 240 et subit d’autres réparations en 250 ou 252, puis en 320. Une inscription enregistre la restauration de diverses parties du Colisée sous Théodose II et Valentinien III (règne : 425-450), peut-être pour réparer les dommages causés par un tremblement de terre majeur, en 443 ; d’autres travaux furent entrepris en 484 et en 508.
L’arène continua d’être utilisée pour des concours jusqu’au VIe siècle au moins, avec les derniers combats de gladiateurs vers 435. Les chasses aux animaux sauvages se poursuivirent au moins jusqu’en 523


